La rupture côté mâle

  • RAHOU 
La rupture côté mâle

Il y a un cliché qui se balade un peu partout autour des femmes. A la télé, au cinéma, dans les publicités, dans la presse. Un petit cliché hollywoodien. Celui où l’on voit une pauvre fille romantique et éplorée lâchement abandonnée par un mâle cynique et sans cœur parti pour une contrée plus jeune, plus belle, plus riche, plus perverse ou tout ça à la fois. Une nouvelle victime de la perfidie notoire de l’autre sexe qui sous les violons agonisants d’un standard du classique fait grimper la côte des actions de Kleenex aussi vite que chutent celles de la crédibilité masculine dans le domaine de l’amour. La question que je me pose est la suivante : La femme est-elle toujours l’unique victime de la rupture amoureuse ? La souffrance est-elle exclusivement féminine ?

Notez bien que je ne suis pas là pour réhabiliter le mâle. Il est et sera toujours lâche quand il s’agit d’aimer (d’ailleurs un jour je me pencherai peut être sur les raisons de cette lâcheté). Je veux simplement préciser qu’il existe des ruptures dont nous sommes la chaussette trouée ou le tee-shirt usé dont elles ne veulent plus entendre parler. Un jour. Un matin. Comme ça. Sans crier garde. Enfin, selon elles, si. Maintes fois elles nous ont envoyé des signaux imperceptibles par l’oreille masculine. Des « j’vais pas tarder à te larguer » subliminaux. Des « j’ai un amant qui prend soin de moi et qui m’écoute » impalpables. Des « je ne t’aime plus » invisible, insonore. A les écouter en plus de rendre aveugle, l’amour rendrait sourd.

Bref. Le monopole de la voiture-balai qui ramasse les oubliés de l’amour sur le bas-côté de la route de la vie n’est pas une exclusivité féminine. Nous aussi nous pouvons voir le château de cartes d’un morceau de notre vie passé à faire des projets s’écrouler plus vite qu’il n’a été érigé. C’est sur nos joues aussi que coulent parfois le flot interrompu de larmes remplies de pourquoi. Ces nuits qui nous harcèlent à coup de questions qui resteront sans réponses. Des journées entières à voir défiler l’interminable film des souvenirs heureux. A imaginer que notre vie ne sera plus que grisaille, solitude et regrets. Oui, la tristesse et la désillusion peuvent être masculines.

Cela étant dit je précise tout de même que si le résultat est identique, la manière d’y arriver diffère. Pas question de retrouver un cheveu sur sa jupe, ni un caleçon usagé dans la poche de sa gabardine. Pas de SMS tarabiscoté, ni de lettre fleuve. Pas d’entourloupes, de faux-semblants. La femme rompt sans détour, et sans retour. Droit dans les yeux. Et si l’oublier vous paraîtra alors impossible, sachez que la reconquérir vous paraîtra aussi difficile que de décrocher la lune. Et encore. Elle vous répondra sûrement « trop tard, il fallait me l’offrir avant ».

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